Le moulin> Le vieux moulin

Ce moulin date du XIVsiècle. Il a été remis en activité en 1939 par Fernand RICCA. L’ancien propriétaire, échaudé par la grande crise de 1929, ne désirait pas vendre ou pour le moins exigeait d’être payé en pièces d’or. Fernand se rendit à la banque et acheta des pièces d’or. Le moulin put alors être acheté. Dans l’acte notarié est inscrit : «l’eau de la source ‘La fontaine dorée’ alimentant le moulin, le réganas appartient au moulin du premier octobre au 15 avril, sauf le dimanche et les jours fériés, pour le fonctionnement du moulin». Un aqueduc romain alimentait sa roue à augets activant les engrenages en bois de la meule.

Huit ouvriers agricoles sont alors embauchés par M. Fernand RICCA, la roue à augets en fer forgé de 8,50 m de diamètre et l'aqueduc sont remis en fonction.

De nombreux artisans s’activaient le jour de l’ouverture du moulin : le carrier revoyait la meule, le forgeron fabriquait sur place les pièces à remplacer, le maçon lissait les rigoles, le charron s’occupait du cabestan, le vannier examinait les paniers et les couffins tressés en jute qui allaient recueillir la pâte.

A l’intérieur, le moulin est doté de 2 mares, de 5 pressoirs actionnés par les ouvriers, sur lesquels les scourtins en jute ou en coco étaient emplis et empilés de pâte d’olives préalablement écrasées par les meules de pierre.

Chaque pressoir possédait un écoulement où l’eau et l’huile sont recueillies dans un bassin de décantation en pierre.

L’huile était récupérée à genoux, à l’aide de 2 instruments : une casse (sorte de casserole de 2 litres en fer blanc) et une feuille (en forme d’assiette incurvée pour récupérer le restant de l’huile à la surface de l’eau). C’était une tâche délicate et pénible.

L’huile était entreposée dans les jarres du moulin, prête à la redistribution. Elle était transvasée à l’aide d’estagnons en fer blanc.

En 1936, chaque propriétaire payait au moulin une participation "la mouture". Cette "tradition" s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Les dérivés du pressage des olives sont utilisés à différents usages. La peau et la pulpe pressées une seconde fois à chaud produit l'huile de recense, laquelle était revendue aux savonneries marseillaises. Jusqu’en 1956, le grignon blanc (des noyaux lavés à l'eau de source) étaient revendus aux meuniers qui en faisaient une farine revendue aux boulangers. Cette farine s’appelle « la fleurette ». Cette farine disparaissait à la cuisson et évitait aux boulangers d’avoir à brosser le dessous des pains une fois sortis du four. L’arrivée de nouvelles techniques de boulangerie la rendirent inutiles.

Pendant la saison de fabrication (du 15 octobre au 15 janvier ) Le moulin est traditionnellement au même titre que le café ou le lavoir communal, un lieu de sociabilité méridionale où l'on cause autour du moulinier, sans oublier de surveiller d'un œil distrait les olives des nouveaux apporteurs. De nos jours, on peut assister à la fabrication artisanale au mois de novembre.


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